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La mue du tourteau

Publié le par DL

Sur le sable de la plage devant la Palud Trébanec en Plovan (Finistère), une partie de la carapace d'un tourteau (Cancer pagurus). Octobre 2018.

Très propre, sans défaut, bien luisante, elle paraît "toute neuve" ! Et au moment de la ramasser, il s'avère qu'elle est ... molle !

C'est très certainement ce qui reste d'un tourteau venant tout juste de muer. 

Comme tous les crustacés, le tourteau ou dormeur, doit changer de carapace pour grandir. Quand il s'est débarrassé de son ancienne carapace devenue trop petite, il est particulièrement vulnérable, la nouvelle cuticule (autre nom de la carapace) est encore molle. Il peut alors être facilement attaqué par un prédateur.

Les différentes étapes de la mue des arthropodes (dont fait partie le tourteau), sont détaillées ici: Mue des arthropodes.

Dans la vidéo qui suit, on voit muer une araignée de mer.

Publié dans Laisses de mer

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Audierne: des remous dans le port de plaisance.

Publié le par DL

Non, "des remous dans le port de plaisance", ce n'est pas le titre d'un article de journal traitant de tensions entre plaisanciers et autorité portuaire.

Il y a parfois bel et bien des remous aquatiques dans le port de plaisance d'Audierne.

C'est le cas en cette fin d'après-midi du 16 juin 2020. Et ce n'est pas dû à la marée en train de descendre (petit coefficient de 46).

Ce qui provoque ces remous c'est l'écoulement d'un ruisseau, le Stiri (ou Stiry), ou plutôt de plusieurs ruisseaux, parce que Stiri est le pluriel de Steir. 

Il s'agit de ruisseaux qui prennent leur source à Kerivoas pour certains, à Kerbuzulic pour un autre, et qui confluent en un seul cours d'eau.

Sur cette carte de l'Institut Géographique National (IGN), on voit les ruisseaux qui descendent de Kerivoas et de Kerbuzulic, qui confluent et finissent par se jeter dans le port de plaisance. Sur le site de l'IGN, une fonction permet de mettre en évidence les cours d'eau, y compris dans leur parcours souterrain. Source: geoportail.gouv.fr

Donc, ce 16 juin 2020, le Stiri draine beaucoup d'eau comme on peut en juger à l'importance de ces remous.

C'est qu'en ce mois de juin 2020, dans la région, il a plu bien davantage que d'habitude. Ainsi, à Quimper, il est tombé 120,7 mm sur tout le mois, dont 42,4 mm le 10 juin, et 25,6 mm les 14 et 15 juin (source terre-net.fr). Il faut savoir que de 1998 à 2018, la moyenne des précipitations en juin à Quimper, n'est que de 34,7 mm (source fr.climate-date.org). Il est donc tombé trois fois plus d'eau que d'habitude ! Le constat est le même pour d'autres localités proches: Plovan, 47 mmm entre le 10 et le 11 juin (source terre-net.fr); Plogoff 145 mmm sur tout le mois de juin, avec un maximum de 57 mm sur une seule journée (source historique-meteo.net).

Les ruisseaux du Stiri alimentent des lavoirs au long de leur parcours. Le site patrimoine.region-bretagne.fr, en recense 7.

Ce "lavoir du Stiri" se trouve rue Ledru-Rollin.

Le ruisseau qui forme la branche de Kerbuzulic du Stiri prend sa source juste derrière ce lavoir.

Mais le site patrimoine.region-bretagne.fr ne mentionne pas le lavoir qui se trouvait dans l'angle des actuelles rues du 14 juillet et Marcelin Berthelot (respectivement "Chemin vicinal de Plogoff" et "Grande route de Quimper" sur le cadastre de 1837) et qui est aujourd'hui disparu.

 Sur cet extrait du cadastre de 1837 (Section B2 de la Ville), à l'angle de l'ancien "Chemin vicinal de Plogoff" et de l'ancienne "Grande route de Quimper", le lavoir en question, est figuré (cerclé de rouge). On distingue aussi, fléché de rouge et sous forme d'un léger trait bleuté, le tracé du ruisseau qui alimentait ce lavoir. Source: Archives départementales du Finistère.

Sur cette carte postale ancienne, on voit que ce même lavoir était couvert.

Les ruisseaux qui forment le Stiri, coulent le plus souvent à découvert pratiquement jusqu'à l'angle formé par les rues du 14 juillet et Marcelin Berthelot. Aujourd'hui, à partir de cet endroit, le Stiri est canalisé et circule sous la rue Victor Hugo et sous la place de la Liberté avant de se jeter dans le port. Mais ça n'a pas toujours été le cas.

Sur ce "Plan du port d'Audierne" levé en 1818, le ruisseau, ici surligné en jaune", semble circuler à découvert vraisemblablement depuis le grand lavoir et jusqu'au port. Source: gallica.bnf.fr

Sur cet autre extrait du cadastre de 1837, prolongement du précédent, on distingue aussi le tracé bleuté du ruisseau, mis en évidence par un fléchage rouge. Il circule donc encore à découvert sur cette partie, puis il disparaît sous terre au niveau de ce qui est maintenant la rue Gambetta, avant de ressurgir après le début de la rue de la Côte Cléden (aujourd'hui rue Guesno). Source: Archives départementales du Finistère.

Sur ce dernier extrait du cadastre de 1837, on distingue encore le cours du ruisseau qui circule en ligne droite, toujours à découvert, en longeant la place du marché d'alors, jusqu'à un point ici cerclé de rouge (de quoi s'agit-il ?). Il termine sa course en passant sous le Grand quai pour se jeter dans le port. Même source que ci-dessus. 

Malheureusement, on ne dispose pas d'un plan d'Audierne antérieur à ceux de 1818 et 1837. Toutefois, les archives nous apprennent qu'avant cette date le ruisseau faisait parfois parler de lui.

Dans une lettre adressée par la municipalité d'Audierne au Directoire de Quimper, le 27 messidor an II (15/7/1794), on lit : 

« Vous aurez sûrement déjà été instruits des dégâts affreux éprouvés par notre commune par l’orage que nous avons essuyé ici, dans la nuit du 23 au 24 courant.
Les eaux ont été d’une telle force qu’elles ont emporté en grande partie le seul lavoir de cette commune, enlevé un pont, unique passage pour les charrettes qui transportent le bois au fournier, qui fait cuire le pain à la troupe et à la ville et qui empêche enfin tout transport du reste de la commune avec la partie dite de la Côte Cléden …
» (Cité par 
Amédée GUIARD, Alain BOSSER, Paul CORNEC dans "Les vieux quartiers d'Audierne" sur le site https://audierne.info/).

Nul doute que c'est bien le Stiri qui a provoqué ces dégâts.

C'est peut-être encore de ce ruisseau qu'il est question dans le rapport que fait l'agent-voyer cantonal sur la situation hygiénique de la ville lors de l'épidémie de choléra qui sévit dans le Finistère en 1885-1886.

Le début du dernier paragraphe ci-dessus est intéressant. Parmi les ruisseaux qui y sont évoqués et où seraient déposées des "matières", y aurait-il le Stiri ? Le "bassin" dont il est question est évidemment celui du port, et "l'égout collecteur" pourrait bien être le tronçon final de l'aqueduc qui reçoit alors les eaux de notre ruisseau enfin devenu souterrain.

Après l'épisode de 1794, s'est-on mis à l'abri de nouveaux dégâts ? Apparemment pas jusqu'en 2012 quand la commune charge la Communauté de communes de prendre des mesures. Le Télégramme, dans sa livraison du 17 février 2012, rapporte:

Stiri. Prévenir les risques d'inondation.

Une opération de nettoyage est en cours à l'arrière du terrain de pétanque de Kersudal. Confiée au chantier environnement de la Communauté de communes, c'est la première étape d'un projet lancé par la ville. Le but est d'éviter les inondations qui affectent notamment des maisons bordant la rue du 14-Juillet, dès que les précipitations sont fortes. La solution est de maîtriser les flux en amont.

Vallée verte au Stiri

La mairie va acquérir la parcelle en cours de nettoyage, qui se prête parfaitement à la création d'un bassin d'orage. Ce dispositif s'intégrera dans un projet de vallée verte au Stiri, avec la régulation des deux ruisseaux qui ont donné leur nom à la vallée (qui est aussi connue sous le nom de vallée des lavoirs). L'aménagement concernera ensuite la partie située au niveau de la marbrerie, et la zone de l'ancienne glacière. Il devrait entrer dans l'appel à projets du conseil général, tout en s'intégrant dans le volet développement durable du Scot (schéma de cohérence territoriale).

Les élus sur le site de Keresudal, en cours de nettoyage par le chantier d'environnement intercommunal. Photo Le Télégramme. Tous droits réservés.

Malheureusement, ces travaux n'auront pas suffi. Dans son édition du 1er janvier 2014, Ouest-France constate:

Le Cap-Sizun goûte aux intempéries en ce premier de l'an.

À Audierne, le bas de la rue du 14 Juillet a été une nouvelle fois touché par des inondations mercredi. Un problème récurrent pour les riverains très en colère. La création d'un bassin de rétention d'eau en amont pourrait éviter le ruissellement d'eau du parking qui gonfle le ruisseau du Stiry et le fait déborder. Pompiers d'Audierne, premier adjoint au maire et adjoint aux travaux se sont également rendus sur place. Les quais Jean-Jaurès ont été fermés à la circulation mercredi, dès 16 h. Rouverte vers 18 h, la route restait toutefois coupée en direction de Sainte-Evette. Dans l'après midi, une enfant de 9 ans a chuté sur la voie publique. Les pompiers l'ont conduite à l'hôpital pour examen.

A Audierne, rue du 14 juillet, les pompiers sont intervenus pour des caves inondées. Photo Ouest France. Tous droits réservés.

Et l'on a non seulement un problème récurrent d'inondation dans la vallée du Stiri, mais ils se complique de pollutions dues à des fuites du réseau d'assainissement, comme le rappelle une mise en demeure, par le préfet du Finistère, en date de juin 2018:

Extrait de l'arrêté préfectoral n° 2018171-0001 du 20 juin 2018

Cette question est encore débattue lors de la séance ordinaire du conseil municipal du 18 février 2020.

En guise de conclusion, voici une photo de la buse qui déverse l'eau du Stiri dans le port de plaisance, prise à marée basse le 27 juillet 2020.

Liens:

Les lavoirs et fontaines d'Audierne et Esquibien

Les vieux quartiers d'Audierne sur audierne.info

Article du Télégramme du 17 février 2012

Article de Ouest France du 1er janvier 2014

Arrêté préfectoral du 20 juin 2018

Compte-rendu de séance du conseil municipal d'Audierne du 18 février 2020

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Une tête de daurade royale à Combrit

Publié le par DL

La tête d'un poisson gît sur le sable de la plage de Kermor en Combrit (Finistère). Août 2019.

Dans sa gueule béante, on aperçoit une multitude de "bulbes" qui tapissent son palais et sa mâchoire inférieure.

C'est la tête d'une daurade royale (Sparus aurata).

 Photo Laurent Ferrero. Source: http://snorkeling-exploration.eklablog.com/

Les "bulbes" qui ornent sa gueule sont des molaires avec lesquelles elle broie mollusques et coquillages dont elle se nourrit. Cette particularité lui a valu le surnom de "gueule pavée".

Liens:

https://pecheur-de-la-dorade-royale.blog4ever.com/photos/comparatif-de-machoire-de-daurade-royale-et-de-sar

https://doris.ffessm.fr/Especes/Sparus-aurata-Dorade-daurade-royale-465

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dorade_royale

http://snorkeling-exploration.eklablog.com/dorade-royale-p1062230

Publié dans Laisses de mer

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Les dalles à rides de la Pointe du Gouin à Camaret.

Publié le par DL

Quand on se promène entre la plage du Corréjou et la Pointe du Grand Gouin à Camaret (Finistère), un spectacle géologique étonnant s'offre à nous. Septembre 2020.

Localisation des dalles à rides de la Pointe du Grand Gouin. Source: geoportail.gouv.fr

Le site vu de la plage du Corréjou.

En partant de la plage du Corréjou, on rencontre tout d'abord une masse de galets enrobés dans un agglomérat présentant des traces rougeâtres attestant la présence d'oxyde de fer. 

C'est le reste d'une ancienne plage âgée de 125.000 ans, à une époque où le niveau marin était plus élevé.

On trouve ensuite des roches bleues-noires au pied de la falaise. Leur surface est usée là où l'érosion marine a produit son effet, et elles présentent un feuilletage très net dans les secteurs plus abrités.

Ici, la roche est usée par le frottement des galets brassés par la mer.

Ici, on distingue nettement le feuilletage de cette roche bleue-noire.

Ces roches sont des schistes de Postolonnec, formés à partir de vases déposées il y a 465 millions d'années et métamorphisées par la suite. 

On arrive alors à la falaise de la Pointe du Grand Gouin proprement dite, qui présente la formation rocheuse la plus spectaculaire.

En effet, à cet endroit, la paroi montre une surface ondulée qui fait penser à des vaguelettes.

La roche qui constitue cette falaise est un grès quartzitique, le grès armoricain. C'est une roche sédimentaire âgée de 475 millions d'années, donc plus ancienne que les schistes de Postolonnec. Ce grès s'est formé par l'agglomération de grains de sable sous l'effet de divers processus physico-chimiques intervenus à faible profondeur et dans des conditions de pression et de température peu élevées: compaction, déshydratation, dissolution, cimentation.

Ce que ce grès a de particulier à cet endroit, c'est qu'il présente ces ondulations. Ce sont des rides de sable, ou «ripple-marks» pour les géologues, qui se sont formées sous l'action de la houle sur une plage.

Ce que nous voyons est donc une plage de sable fossilisée. Comment s'est-elle trouvée dans cette position, avec ce pendage de près de 45° ?

Il y a environ 475 millions d'années, une plage de sable bordait une mer peu profonde. La houle y avait formé des rides comme on en voit aujourd'hui encore sur nos plages.

Rides de sable, de nos jours, sur la plage du Corréjou à Camaret.

Schéma en coupe de la "plage du Grand Gouin", avec ses rides de sable, il y a 475.000.000 ans.

Au cours des dix millions d'années qui suivent, tandis que se met en place le processus de transformation du sable en grès, des vases argileuses se déposent au-dessus de l'ancienne plage.

La transformation du sable en grès a commencé.

A leur tour, les différentes couches de vase se métamorphisent en schistes. 

Sous l'effet d'énormes pressions dues aux mouvements tectoniques (rencontre des plaques continentales), les formations de grès et de schistes se redressent.

Les schistes qui recouvraient le grès armoricain de la Pointe du Grand Gouin s'effondrent et dégagent la surface de celui-ci, mettant au jour la plage fossilisée et ses rides de sable. A leur pied, une nouvelle plage de sable se forme, la plage du Corréjou.

Liens:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grès_(géologie)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Schiste

Rides de sable actuelles et fossiles

https://www.comcom-crozon.com/wp-content/uploads/2018/07/article-PointeduGouinSEPTENTRION-avril2016.pdf

https://www.comcom-crozon.com/wp-content/uploads/2018/12/Fiche_Pte-du-Gouin-Corréjou.pdf

http://avg85.fr/wp-content/uploads/2014/06/2011.06.AVG_.CR_.Crozon-1.pdf

 

Publié dans Géologie

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Zygènes du trèfle à Beuzec-Cap-Sizun

Publié le par DL

Des zygènes du trèfle ou zygènes des prés (Zygaena trifolii) butinent le long du sentier côtier à Beuzec-Cap-Sizun (Finistère). Mai 2020.

En l'occurrence, elles ne butinent pas des fleurs de trèfle, mais des fleurs d'herbe à midi (Jasione montana littoralis)

Par simplification, ces spécimens aux ailes supérieures marquées de 5 taches rouges ont ici été appelés zygènes du trèfle ou des prés, mais parmi la centaine d'espèces que compte la famille des Zygaenidae, d'autres espèces présentent cette caractéristique: la zygène du chèvrefeuille (Zygaena lonicerae), et la zygène de la filipendule (Zygaena filipendulae).

Liens:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Zygène

https://fr.wikipedia.org/wiki/Zygène_du_trèfle

https://fr.wikipedia.org/wiki/Zygène_du_chèvrefeuille

https://fr.wikipedia.org/wiki/Zygène de la filipendule

Atlas de la répartition provisoire des zygènes de Bretagne 2020

Publié dans Faune littorale

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