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geologie

Comment des galets se retrouvent sur les plages.

Publié le par DL

Sur les estrans, il est fréquent de trouver des galets isolés qui, en s’accumulant en haut de la plage, finissent par former des cordons parfois épais de plusieurs mètres.

Cordon de galets de Kergalan en Plovan (Finistère).

Sur certains de ces galets isolés se trouve encore collée une algue laminaire fraîche ou plus ou moins desséchée ou décomposée. Comment ces galets se retrouvent-ils sur les plages ?

Algue laminaire sur galet et son crampon. Plage de TGreguennec (Finistère).

Quand les algues adultes qui se trouvent à plusieurs mètres de profondeur se reproduisent, les algues embryonnaires déploient des filaments microscopiques qui viennent s’arrimer sur le substrat, par exemple un fond rocheux ou un galet. Elles renforcent alors leur point d’ancrage en fabriquant un véritable crampon.

L’algue grandit en développant de longues lames (d’où le nom de laminaires) à l’extrémité d’une sorte de tige, ou stipe, au-dessus du crampon (ou haptère).

La houle de surface, en se répercutant en profondeur, agite la touffe de lames. Si une algue laminaire est fixée sur un galet bloqué au fond par exemple par d’autres cailloux, ce mouvement de va et vient peut finir par desceller ce support. 

Le galet se trouve alors soumis à la fois à la poussée d’Archimède qui lui est propre, et à la flottabilité de l’algue qui s’est cramponnée à lui. Il est alors peu à peu entraîné par houle vers la partie supérieure de l’estran. 

Quand les lames de l’algue arrivent en surface, aux mouvements de la houle peut s’adjoindre la poussée du vent de surface.

Une fois arrivés sur l’estran, le galet et son algue ”porteuse” sont poussés par les vagues qui viennent déferler sur le sable.

Après quelques heures d’exposition à l’air et au soleil, l’algue finit par se dessécher et se décomposer, et son crampon par se détacher du galet.

Ce sont les marées suivantes qui continueront à ”pousser” le galet de plus en plus haut sur la plage.

Liens:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Crampon_(biologie)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Haptère

https://www.patrimoine-iroise.fr/naturel/flore/Sousestran.php


 

Publié dans Géologie

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Les oyats et les dunes

Publié le par DL

Sur certaines dunes du littoral, chacun a sans doute déjà rencontré, sans y faire particulièrement attention, des oyats, ces espèces d'herbes à longues feuilles très fines.

Ici, au sommet des dunes bordant la plage de Tréguennec (Finistère).

Le plus souvent, les oyats ont été délibérément plantés par l'homme pour stabiliser des dunes de sable qui, en leur absence, se déplaceraient sous l'effet du vent. Le nom scientifique de l'oyat est ammophila arenaria, arena étant le mot latin pour désigner le sable.

L'oyat doit cette particularité à un système racinaire très dense et étendu, à la fois verticalement et horizontalement qui l'ancre littéralement dans le sable et qui piège celui-ci. La formule système racinaire est employé ici par souci de simplification. Il s'agit en fait de rhizomes à croissance verticale et de drageons à croissance horizontale. Par ailleurs, l'oyat résiste à la sécheresse et à l'air salin.

A sa manière, l'oyat participe donc à la formation des structures géologiques que sont les dunes de sable stabilisées.

La dune partiellement artificielle qui borde la plage de Kermor en Combrit (Finistère) est couverte d'oyats. Les fortes marées de début novembre 2018 (coefficients 97 et 99 les 7 et 8 novembre) ont attaqué le pied de cette dune et mis au jour les racines des oyats qui s'y trouvent.

Lien:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Oyat

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Peinture abstraite ?

Publié le par DL

Quel artiste a bien pu composer ces magnifiques œuvres abstraites ?

En fait, ce n'est pas de la peinture, c'est de la géologie.

Ces roches se trouvent au pied des falaises à l'extrémité Sud de la plage de Trezmalaouen en Kerlaz (Finistère), tout près du village de Lanévry.

Il s'agit de ce que les géologues appellent des Phyllades de Douarnenez. Ce sont des schistes, c'est-à-dire des roches métamorphiques (qui ont subi des transformations sous l'effet combiné de la température et de la pression) âgées de ± 550 millions d'années.

On distingue nettement sur certaines de ces roches les plissements dus aux contraintes tectoniques exercées sur elles.

Cette formation rocheuse constitue le substrat principal du Porzay, figuré  en bleu clair sur cette carte (briovérien de la baie de Douarnenez), et recouvert sur le terrain par des sédiments récents.

Liens:

Livret relatif à la feuille de Châteaulin de la carte géologique de la France au 1/50.000.

Jean René Darboux. Le briovérien de la baie de Douarnenez.

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La tourbe de l'anse de Kervijen

Publié le par DL

En février 2018, à marée basse dans l’anse de Kervijen, en Plomodiern (Finsitère), quelques plaques sombres plus ou moins couvertes de sable apparaissent sur l’estran. C’est un matériau qui semble assez souple quand on marche dessus, d’une épaisseur apparente variable (vingt à trente centimètres par endroits), à la surface plus ou moins craquelée, mais conservant une certaine cohésion. Cela fait penser à du terreau mouillé et compacté. 

Renseignements pris, il s’avère qu’en fait, il s’agit de tourbe fossile.

Un an plus tard presque jour pour jour, de très grandes plaques dégagées du sable couvrent une superficie impressionnante.

La tourbe se forme par l’accumulation de débris végétaux peu ou pas décomposés dans un milieu saturé en eau. Comment expliquer la présence de tourbe, qui se forme normalement en eau douce, sur cet estran envahi par la mer deux fois par jour ? 

Dans l’anse de Kervijen, on ne peut manquer de remarquer la présence d’eau douce sous la forme d’un ruisseau. Il traverse un cordon de galets qui barre le fond de l’anse sur toute sa largeur, et s’écoule vers la mer en creusant un chenal naturel qui serpente dans le sable au gré des obstacles qu’il rencontre. 

En février 2019, d’évidence, c’est un flot d’eau douce impressionnant jaillissant du cordon de galets qui a contribué, sans doute avec la houle, à dégager une telle superficie de tourbe.

Il s’agit du ruisseau de Kerharo qui s’écoule du marais de Kervijen à travers le cordon de galets.

Précisément, la tourbe se forme notamment dans les marais : « Les tourbières plates à roseaux et grandes laîches sont surtout présentes dans les vallées alluviales de quelques rivières et fleuves du Bassin Parisien ou dans des marais arrière-littoraux » (Philippe Julve. Les tourbières de France. Bulletin de l’association de géographes français. 1994 ). 

Aujourd’hui, le marais arrière-littoral de Kervijen est essentiellement couvert de roseaux. 


 

Photographie aérienne : Institut géographique national 2015.

La présence de tourbe sur l’estran s’explique par la présence dans le passé, à cet endroit, d’un marais. A l’époque, le cordon de galets formant barrage à l’écoulement du ruisseau de Kerharo et permettant la formation du marais, se trouvait plus à l’Ouest qu’aujourd’hui. La tourbe s’y est alors accumulée. L’élévation du niveau de la mer a progressivement repoussé le cordon de galets vers sa position actuelle, découvrant le banc de tourbe ancienne.  

Proposition de restitution de la position du cordon de galets et du marais au moment de la formation de la tourbe fossile, à partir d’une photographie aérienne de 2015. Bien évidemment, à ce jour, rien n’indique quelle était la position effective du cordon de galets et celle du marais. Et bien évidemment, le paysage existant à l’époque autour du marais était totalement différent de celui montré par cette photo.

« Sur la plage de Kervijen, la tourbe forme un banc massif de 1,60 m de puissance reposant sur un sable gris d'origine marine dont l'épaisseur dépasse 1m. En amont, derrière le cordon isolant le marais de la mer, les carottages effectués dans la roselière montrent une épaisseur de tourbe supérieure à 3,5 m (Carte géologique de la France. Feuille Châtealin. BRGM) ».

Parfois, des morceaux de ce banc de tourbe se détachent sous l’effet de la houle et des courants et viennent s’échouer au pied du cordon de galets.

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