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Rencontre à Pors Lanvers.

Publié le par DL

C'est au retour d'une randonnée sur le sentier côtier (GR 34) que, dans le petit port-abri de Pors Lanvers en Beuzec-Cap-Sizun (Finistère), nous faisons une rencontre inattendue. 15 novembre 2017.

Là, au milieu de la crique abritée de la houle, tout près de la rive et de la petite cale, un phoque se repose en se laissant porter par la mer. On ne voit que sa tête, dressée à la verticale, qui monte et descend, telle le bouchon d'un pêcheur. Il finira par découvrir notre présence, mais il ne s'enfuira pas pour autant, nous observant comme nous l'observons, à peine dérangé par le retour d'un canot.

L'animal finit par plonger pour ne plus reparaître. Voir la vidéos qui suit.

Publié dans Faune littorale

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L'épave de la palud de Pellan en Plozévet.

Publié le par DL

A Plozévet (Finistère), au niveau de la palud de Pellan, une grosse pièce métallique gît sur le cordon de galets. Février 2020.

Et au même niveau, à quelques encâblures en mer, d'autres objets émergent, dont une sorte d'énorme citerne.

Il s'agit de ce qui reste de l'épave du VP 721, ou Vorpostenboot 721, navire de la Kriegsmarine, échoué le 23 août 1944 après un combat contre une force navale anglo-canadienne.

Voici des éléments de l'histoire de ce navire.

Etonnamment, bien qu'il ait achevé sa carrière militaire sous les couleurs allemandes, ce navire n'a pas été construit en Allemagne, mais aux Pays-Bas par la Nederlandsche Scheepsbouw Maatschappij, basée à Amsterdam. Avant la 2ème guerre mondiale, cette société fondée en 1894 est la plus importante entreprise de construction navale néerlandaise (1).

Chantier naval Nederlandsche Scheepsbouw Maatschappij - Lancement du paquebot Christiaan Huygens  le 28 septembre 1927. Photo Gustaaf Oosterhuis /Collection de la Dutch Dock and Shipbuilding Company

Avant guerre, cette compagnie néerlandaise construit des navires pour l'URSS, dont les chantiers navals ne se sont pas relevés après la révolution de 1917. Elle livre notamment les paquebots Josef Staline et Vyasheslav Molotov, destinés à desservir une ligne entre Leningrad, Helsinki, Stockholm et Londres (2). En 1939, Nederlandsche Scheepsbouw Maatschappij entreprend également la construction de chalutiers à vapeur pour le compte de l'URSS. 

Bien que les Pays Bas se soient déclarés neutres dans le conflit qui éclate en 1939 entre l'Allemagne, l'Angleterre et la France, la Wehrmacht envahit le pays le 10 mai 1940. La marine de guerre allemande fait alors main basse sur tous les navires encore sur place, dont deux chalutiers à vapeur destinés à l'URSS, encore en chantier, jaugeant 584 tonnes et mesurant 61 mètres .  

Photos de l'un des deux chalutiers à vapeur destiné à l'URSS en cours de construction par  Nederlandsche Scheepsbouw Maatschappij. Source: Musée maritime national néerlandais.

Les deux chalutiers, alors simplement dénommés "neubau 307" et "neubau 308" (littéralement "nouveau bâtiment"), sont armés et intégrés par la Kriegsmarine à la 7° Vorpostenflottille.

La 7° Vorpostenflottille (en français littéralement "flottille d'avant-poste") est créée en septembre 1939 avec 8 chalutiers à vapeur allemands et opère en Baltique. Ultérieurement, cette flottille sera transférée dans l'Atlantique et basée à Brest (3). Au cours de la durée de la guerre, c'est un total de 30 navires qui lui seront affectés, immatriculés de VP 701 à VP 730. La plupart sont des bateaux de pêche provenant de prises de guerre réalisées dans les ports des pays conquis par l'Allemagne (4). C'est le cas pour cinq chalutiers de Boulogne-sur-Mer, un de Fécamp, un de Dieppe et un de La Rochelle (l'ancien Marie-Simone dont l'histoire est détaillée sur ce blog (5)). Le navire qui nous intéresse, anciennement "neubau 308"  et confisqué en Hollande au début de la guerre, est immatriculé VP 721. 

Flottille de Vorpostenboot en Mer du Nord. 1939. Source: https://www.akpool.de/

Le rôle essentiel des unités de la 7° Vorpostenflottille est de guider les sous-marins (U-booten) de l'importante base de Brest lors de leurs entrées et sorties de la rade pour éviter les mines allemandes, et de protéger les submersibles en détectant et en détruisant les mines larguées dans le goulet par les aviations anglaise et américaine, en particulier en 1944 (6). Certaines unités de cette flottille seront détruites lors de combats et d'autres seront affectées à d'autres flottilles. Au début de 1944, la 7° Vorpostenflottille ne comptera plus qu'une vingtaine d'unités. Après le débarquement en Normandie du 6 juin 1944, les forces alliées progressent en direction de la la pointe de Bretagne.

D'après le site http://brepaves.free.fr/, la photo ci-dessus serait celle du VP 721 (X).

C'est à l'occasion d'une de ses missions que le VP 721 est, semble-t-il pour la première fois, impliqué dans un combat naval. Dans la nuit du 5 au 6 août 1944, les VP 715, 719 et 721 qui escortent les U-Booten 212 et 309 à la sortie de la rade de Brest, sont attaqués par les destroyers canadiens Qu'Appelle, Restigouche, Saskatchewan et Skeena de l'Escort Group 12 (7 & 8). Les sous-marins parviennent à s'échapper et il y a des dommages importants de part et d'autre: les destroyers Qu'Appelle et Restigouche sont touchés et déplorent des morts et des blessés, et Saskatchewan déplore un tué, tandis que le VP 715 est coulé, et que le VP 721, touché et qui fait eau, est remorqué par le Sperrbrecher 135 (un forceur de blocus) jusqu'à Brest où il sera remis en état (9). Il est à noter que, selon une autre source, ce sont les VP 713, 715, 728 et 729 qui accompagnaient les deux U-Booten (10). C'est cette autre version de cet affrontement qui figure dans l'article consacré à la Marie-Simone (11).

U-203 de même type VIIC que les U-212 et U-309 qui quittèrent Brest dans la nuit du 5 au 6 août 1944. Source Wikiwand.com (12)

Le 7 août, les troupes américaines arrivent devant Brest dont le port constitue un objectif stratégique à plus d'un titre. Tout d'abord, pour les alliés, il est nécessaire de neutraliser la base sous-marine d'où les U-booten allemands partent traquer les convois de transport dans l'Atlantique. Par ailleurs, pour les alliés, disposer de ce port en eaux profondes permettrait d'acheminer matériels et approvisionnements directement sur le continent depuis les Etats Unis sans passer par l'Angleterre. 

L'artillerie du VIII° Corps d'armée des Etats Unis commandé par le général Troy Middleton et les aviations anglaise et américaine bombardent Brest dont les installations portuaires subissent d'importants dommages.

Brest 1944. Dans une forme de radoub, un Sperrbrecher (forceur de blocus) de la Kriegsmarine. Source: hors série Navires et histoire n° 31. Photo ECPAD (13)

De son côté, l'Amirauté britannique a conçu l'Opération Kinetic: la Navy, épaulée par la marine canadienne, opère sur la côte atlantique pour bloquer les ports occupés par la Kriegsmarine, et en particulier ceux qui abritent une base sous marine: Brest, Lorient, Saint-Nazaire, La Pallice, Bordeaux. Il faut non seulement s'opposer aux attaques de U-Booten sur les convois alliés, mais aussi chasser les sous marins allemands qui échapperaient à la Navy vers la Norvège pour limiter leur champ d'action. 

Vers la fin du mois d'août 1944, pratiquement tous les sous-marins allemands des flottilles n° 1 et n° 9, basées à Brest, ont quitté ce port. Le dernier sous-marin partira en septembre. En revanche, il reste quelques uns des navires qui étaient chargés de la protection et de l'accompagnement de ces sous-marins: chasseurs de mines et  Vorpostenbooten, dont certains ont été abrités en juin et juillet pour révisions dans le U-bunker (14). Le 22 août 1944, il ne reste plus que 13 Vorpostenbooten à Brest. 

La presque totalité des sous-marins allemands a quitté Brest, ce qui met fin, de fait, à la mission essentielle de la 7° Vorpostenflottille, qui était d'assurer la sécurité de ces submersibles. Si le sort de la base navale de Brest paraît scellé face à l'offensive alliée, le commandement de la marine allemande pense pouvoir poursuivre la guerre sous-marine à partir des autres bases de la côte atlantique. Il est donc décidé de transférer de Brest à Lorient des forceurs de blocus (Sperrbrecher) et des Vorpostenbooten.

Dès le 11 août un premier convoi composé du Sperrbrecher 157 et des Vorpostenbooten VP 719 et 720 (ex "neubau 307" et jumeau du VP 721) est mis en route vers Lorient. Ce convoi est intercepté devant les côtes du pays bigouden par l'Escort Group 12 composé cette fois des destroyers Allbrighton (britannique), Qu'Appelle, Restigouche, Skeena et Assiniboine (canadiens). Si le Sperrbrecher 157 parvient à s'échapper, le VP 720, touché, s'échoue sur la plage de Tréguennec, à proximité de l'usine de concassage de galets de Prat ar C'hatell, et le VP 719, également gravement endommagé, parvient à regagner Brest (15).

Destroyer canadien HMCS Qu'Appelle. Source: https://readyayeready.com/

Bien que les radars allemands installés à la Pointe du Raz aient été détruits, la Kriegsmarine n'ignore sans doute pas la présence des navires anglais et canadiens qui patrouillent maintenant dans le Golfe de Gascogne entre l'embouchure de la Gironde et la chaussée de Sein. Mais elle décide de risquer le tout pour le tout et tente de transférer à Lorient d'autres unités de la 7° Vorpostenflottille. Deux nouveaux convois sont programmés pour la nuit du 22 au 23 août 1944. Le premier est composé des VP 711 (ex Senator Predhöl), VP 717 (ex Alfred III) et VP 729 (ex Marie-Simone), les moins rapides. Le second convoi, qui appareille une heure et demie plus tard, est composé des VP 702 (ex Memel)(16), VP 719 (ex neubau 240), réparé à Brest après le combat du 11 août, VP 721 (ex neubau 308) et VP 730 (ex Michel-François).

Le VP 730 à l'époque où il s'appelait Normandie (port de Fécamp) avant d'être rebaptisé Michel-François (port de Boulogne/mer) puis VP 730. Source: https://www.wrecksite.eu/ (17)

C'est la Force 27 qui patrouille devant la côte cette nuit-là dans le cadre de l'Opération Assaut, nouveau nom de l'Opération Kinetic. Elle est composée du croiseur britannique Mauritius et des destroyers canadiens Ursa et Iroquois. Le premier convoi allemand est repéré par le radar de l'Iroquois dès qu'il passe la pointe du Raz et entre dans la baie d'Audierne. Le destroyer canadien tire ses premiers obus à 2 h 09, et à 2 h 45, le sort du premier convoi est scellé. On trouvera le détail de ce premier combat dans l'article consacré à l'épave du Marie-Simone (18).

Toutes les indications relatives à ces combats des 22 et 23 août 1944 en baie d'Audierne sont tirées de l'article d'Alain Le Berre dans la revue Cap Caval n°2 (19)

Le fracas provoqué par ce premier accrochage et la lueur des incendies qui ont embrasé les VP 711 et VP 717 n'ont pu échapper au second convoi quand il franchit à son tour la pointe du Raz. Une heure et demie après le premier convoi, il s'engage pourtant dans le piège que constitue alors la baie d'Audierne où la Force 27 est toujours à l'affût.

Le destroyer canadien Iroquois ouvre le feu sur le second convoi un peu après 4 heures devant Plouhinec. Le VP 702 (ex Memel), qui ferme le convoi, fait alors demi-tour en direction d'Audierne et se jette sur le haut-fond de la Gamelle où les VP 711 et 717 se sont échoués deux heures plus tôt. L'Iroquois atteint le VP 719 (vraisemblablement dans la soute à munitions), qui chavire sur le platier de Penhors en Pouldreuzic. 

Le destroyer canadien Iroquois. Source Wikipédia.org

Le VP 730 (ex Michel-François) fera aussi demi-tour en direction d'Audierne, sans doute en vue de s'y échouer comme l'a fait le VP 729 (ex Marie-Simone). Mais il vient heurter une des épaves des patrouilleurs déjà échoués sur la Gamelle, et finit par sombrer face au chenal d'entrée du port d'Audierne.

Avant cela, le VP 721 (ex neubau 308), canonné par les navires alliés, en flammes, s'échoue volontairement sur les rochers en face de Pellan en Plozévet. Malgré qu'il soit hors de combat, le destroyer Ursa s'approche et tire encore quelques obus.  

Le VP 721 échoué sur la côte de Pellan après la Libération. On distingue des gens au pied du navire. Source: on trouve cette photo sur deux sites: "La vie plozévetienne pendant la guerre 39-45" (20) et http://plozevet.hp.free.fr/ (21)

Il y a de nombreux morts et blessés sur le bateau allemand. Des riverains, accourus au petit matin, aideront les survivants à se mettre au sec. Les corps de brûlés et de noyés sont étendus sur le cordon de galets de Pellan. Dans un premier temps, ils seront enterrés à Prat Meur, à Ménez Gored ou au Gored, avant d'être inhumés dans le cimetière de Plozévet. Entre le VP 719 coulé à Penhors et le VP 721 échoué à Pellan, on dénombre plus de trente morts, non compris ceux restés dans le VP 719. Les 119 valides et blessés allemands seront pris en charge par les FFI des sections de Plozévet (82) et de Plogastel-Saint-Germain (37). 

Dès que les marées permettront d'atteindre l'épave du VP 721 à pied sec, elle sera pillée par la population qui récupérera non seulement objets et matériels qu'elle contient, mais jusqu'aux tôles de la carcasse. 

Aujourd'hui, c'est la mer qui poursuit, marée après marée, tempête après tempête, la destruction de ce navire.

Cet élément s'avère être la chaudière du VP 721. 

Liens:

Le VP 721 vu par le projet Plozarch

Le VP 721 sur le site brepaves.free.fr

L'épave du Vorpostenboot 721 sur le site de Jim Jackaman

Le V 721 sur le site wrecksite.eu

Le V 721 sur le forum "bretagne 39-45"

La bataille de la baie d'Audierne sur Wikipédia

Les batailles navales de la baie d'Audierne d'août 1944 sur othpb

Combats navals en baie d'Audierne sur zomards.free.fr

Listes des Vorpostenflottille 39-45

Plozévet à l'heure allemande - Pierre Le Guellec

La côte de Plozévet par l'association Histoire et Patrimoine de Plozévet

 

 

 

 

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Lotier corniculé

Publié le par DL

Le long du sentier côtier, on rencontre parfois comme une touffe constellée de petites fleurs jaunes ou orangées, au milieu d'autres plantes. Plouhinec (Finistère). Juin 2020.

C'est le lotier corniculé (Lotus corniculatus), aussi appelé sabot de la mariée, sabot du petit Jésus, ou plus prosaïquement trèfle cornu.

Le long du sentier entre Mesperleuc et Gwendrez, un pied de lotier mêlé à la fougère.

Fleurs de lotier parmi des inflorescences de betterave maritime.

Plante basse de 5 à 30 cm, elle peut atteindre 50 cm si elle est soutenue par d'autres plantes.

Cette légumineuse n'est pas à proprement parler une plante sauvage. Elle est cultivée comme plante fourragère associée à des graminées.

Autrefois, ses fleurs séchées étaient utilisées en infusion comme somnifère ou comme calmant. Toutefois, à haute dose, ce traitement peut être toxique, voire mortel.

Ici, on distingue des fleurs séchées aux extrémités blanches.

Liens: 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lotier_corniculé

https://www.preservons-la-nature.fr/flore/taxon/687.html

Publié dans Flore littorale

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Echouage exotique: une caisse à poissons espagnole à Treguennec

Publié le par DL

Une caisse à poissons (ou caisse à marée) est échouée sur la plage entre Kermabec (Tréguennec) et Kerbinigou (Tréogat). Octobre 2019.

Elle est marquée "PUERTO DE CELEIRO". 

"PUERTO DE CELEIRO" est un port de la province de Galice, au Nord-Ouest de l'Espagne.

Localisation du port de Celeiro. Source: Google Earth.

Le port de Celeiro. Source: https://puertodeceleiro.es/

"PUERTO DE CELEIRO" est aussi une marque qui s'applique à ce qu'on peut appeler le "merlu de ligne" (merluza del pincho), comme il existe chez nous le "bar de ligne".

Des caisses à poissons pleines à la criée de "PUERTO DE CELEIRO". Source: https://puertodeceleiro.es/

Les pêcheurs de Celeiro travaillent dans l'Atlantique Nord-Est, jusqu'en mer d'Irlande. La caisse trouvée à Treguennec est probablement tombée d'un bateau alors qu'il traversait le Golfe de Gascogne.

Liens:

https://puertodeceleiro.es/

https://puertodeceleiro.es/merluza-del-pincho-celeiro-premio-alimentos-espana/

Publié dans Laisses de mer

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Un congre à la Baie des Trépassés.

Publié le par DL

Un congre (Conger conger) mort a été déposé par la marée sur l'estran de la Baie des Trépassés en Plogoff (Finistère). Novembre 2019.

Ce spécimen est long d'environ un mètre. Jadis, il s'en faisait une pêche abondante dans le Cap Sizun, et en particulier dans le Raz de Sein. Les congres étaient séchés et exportés jusqu'à l'étranger.

Cette pêche pouvait être dangereuse.

Hyacinthe Le Carguet. La morue du Raz de Fontenoy dans le bulletin de la Société Archéologique du Finistère de 1910.

Liens:

Article de H. Le Carguet dans le bulletin de la Société Archéologique du Finistère

https://fr.wikipedia.org/wiki/Congre_commun

Publié dans Laisses de mer

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