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Une grande natice victime de cannibalisme.

Publié le par DL

Sur le sable de la plage de Tréguennec (Finistère), gît une grande natice, ou natice porte-chaîne (Euspira catena). Août 2019.

Celle-ci comporte encore l'opercule mobile qui ferme l'entrée de la coquille et protège le mollusque des prédateurs. Il est assez rare de trouver des spécimens complets sur une plage parce qu'habituellement, ce sont plutôt des coquilles vides de grandes natices mortes que l'on trouve échouées sur le sable.

En fait, bien qu'il comporte encore son opercule, ce spécimen est bien mort, et l'examen de sa coquille nous éclaire à la fois sur la cause de sa mort et sur son auteur. En effet, cette coquille porte des perforations qui sont en quelque sorte la signature du prédateur qui a tué cette natice: une autre natice !

La grande natice est un prédateur qui se nourrit d'autres coquillages, bivalves ou gastéropodes. Elle immobilise sa proie avec son pied et perce la coquille avec sa langue (radula) et une sécrétion acide avant d'injecter des enzymes digestives et d'aspirer le corps prédigéré de sa victime. Sur cette plage ou celle de Tréogat, on trouve fréquemment des coquilles de mactres corallines présentant de telles perforation (voir ceci).

Ce spécimen a donc sans doute été victime d'une congénère. Si sa coquille présente 4 perforations, c'est certainement parce que, le mollusque une fois tué et digéré, d'autres natices ont cru pouvoir s'attaquer à ce congénère immobile et l'ont percé à leur tour.

Lien:

https://doris.ffessm.fr/Especes/Euspira-catena-Natice-porte-chaine-1471

 

Publié dans Laisses de mer

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Des hérons à Suguensou

Publié le par DL

Dans une prairie bordant l'anse de Suguensou à Audierne, un héron cendré (Ardea cinerea) semble sommeiller. Octobre 2019.

A quelques mètres, un de ses congénères fait de même.

Et deux autres encore ... non, trois autres !

En fait, c'est un congrès !

Que font ils, ainsi regroupés dans ce pré habituellement fréquenté par des vaches ? Peut-être y ont ils chassé quelques rongeurs, quelques grenouilles, voire quelques insectes et mollusques, mais à cet instant, ils semblent au repos.

Localisation de ce pré. Source: geoportail.gouv.fr.

Lien:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Héron_cendré

Publié dans Faune littorale

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Immortelle des dunes à Trez Goarem.

Publié le par DL

Sur la dune de Trez Goarem en Esquibien-Audierne (Finistère), quelques taches d'un jaune vif ressortent du reste de la végétation rase. Ce sont des bouquets d'immortelle commune ou immortelle des dunes (Helichrysum stoechas). Juillet 2020.

Cette plante vit toujours dans sur un substrat sableux. Elle possède un pilosité qui sécrète des lipides qui la protègent du dessèchement et dégagent une odeur épicée caractéristique des dunes grises en été.

 Liens:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Immortelle_commune

https://www.lacanausurfinfo.com/news-ecologie-460/le-littoral-dunaire.html

 

Publié dans Flore littorale

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Un globicéphale noir échoué à Tréogat

Publié le par DL

S'il n'est pas rare de trouver les corps de certaines espèces de dauphins échoués sur le littoral du Finistère Sud, grands dauphins, marsouins ou dauphins communs, il est plus inhabituel de rencontrer celui d'un globicéphale (Globicephala melas) comme c'est le cas à Tréogat (Finistère), devant l'ancienne brèche de l'étang de Trunvel. Décembre 2020.

Ce spécimen, très abîmé, mesure environ 3,50 mètres. C'est soit une femelle, soit un jeune mâle.

Sa tête globuleuse permet de l'identifier facilement.

Liens:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Globicephala_melas

https://doris.ffessm.fr/Especes/Globicephala-melas-Globicephale-noir-1095/(rOffset)/15

http://cetacesdefrance.e-monsite.com/pages/especes/globicephale-noir.html

https://www.cetaces.org/cetaces/fiches/globicephale-noir/

Publié dans Laisses de mer

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Le feu de la falaise du Raz.

Publié le par DL

La pointe du Raz en Plogoff (Finistère), son sémaphore, sa statue de Notre Dame des naufragés, les phares de la Vieille et de Tévennec, le panorama souvent époustouflant du Raz de Sein, et au loin, juste posée sur l'océan et parfois à peine visible dans la brume, l'île de Sein.

Le regard et l'esprit sont captés, happés par le spectacle grandiose de l'affrontement de cette extrémité minérale du continent avec l'infini d'un océan turbulent et parfois déchaîné.

Alors on fait à peine attention à cette maçonnerie qui surplombe la falaise Sud de la pointe, et qui se termine par une petite plate-forme cylindrique équipée d'un garde-corps. Au mieux, on s'en sert comme d'un point d'observation du panorama ou d'un site pour faire des selfies.

Mais cette modeste construction a une histoire étroitement liée à celle de la pointe du Raz et à la navigation particulièrement dangereuse dans le Raz et sur la Chaussée de Sein. Cette construction a porté le "feu de la falaise du Raz".

En matière maritime, un feu est une lumière de signalisation émise par un bateau, un phare, une tourelle, une balise ou une bouée (1). Et justement, c'est une tourelle qui a servi de signalisation à cet endroit pendant une courte période à la fin du 19° siècle.

Si des feux ont été établis sur les côtes françaises dès le début du 17° siècle (phare de Corduan dans l'estuaire de la Gironde), c'est véritablement en 1825 qu'un programme de construction et de modernisation de 50 grands phares est adopté par la Commission des Phares pour "éclairer les côtes de France" (2).

Dans notre secteur, la priorité est alors de signaler la Chaussée de Sein et ses dangers. Lors de sa réunion du 1er novembre 1833, la Commission des Phares "adopte le programme d'étude des projets d'établissement d'un phare sur le Bec du Raz et d'un autre sur l'île de Sein dont l'alignement marquerait la limite de la Chaussée de Sein". 

Le 23 décembre 1838, la Commission des Phares décide d'un délai de 4 mois entre l'annonce aux navigateurs de la création des phares et leur mise en activité

Le phare de Goul Enez (ou Grand Phare en français) est construit et allumé en 1839 à la pointe Nord-Est de l'île de Sein (3).

Le premier grand phare de l'île de Sein. Il sera détruit en 1944 par les allemands.

Un phare à feu fixe est construit et allumé également en 1839 sur le Bec du Raz (maintenant appelé Pointe du Raz) (4).

Le phare du Bec du Raz. 1873. Source: Ecole nationale des Ponts et Chaussées. Tous droits réservés.

Dès 1860, la nécessité d'améliorer la signalisation dans le Raz de Sein, fréquenté par les pêcheurs, s'impose. Le site retenu pour la construction d'un phare entre la pointe du Raz et l'île de Sein est le rocher de Gorlebella rebaptisé la Vieille (4)

Le Raz de Sein. Extrait de la "Carte particulière de la Chaussée de Sein et du Passage du Raz de Sein" levée et dressée en 1817 par les Ingénieurs hydrographes de la Marine. En haut le rocher de Tévennec, à gauche l'île de Sein, au centre le rocher de Gorlébella, à droite, le Bec du Raz. Source: gallica.bnf.fr

Un avant projet est présenté en 1862, mais on retarde sa mise en œuvre en raison des difficultés rencontrées dans la construction du phare d'Ar Men sur la Chaussée de Sein, débutée en 1867. En effet, les ouvriers chargés de bâtir Ar Men ne peuvent y travailler que très occasionnellement, le récif retenu pour sa construction n'émergeant pas des flots de façon permanente (5). Pour occuper les ouvriers, on décide de leur faire construire un phare sur le rocher de Tévennec qui servira à l'éclairage du Raz de Sein en attendant la mise en service du phare de la Vieille (4). Commencée en 1869, la construction de Tévennec s'achève 5 ans plus tard et le feu est allumé le 15 mars 1875 (6).

Tévennec. Plan du rocher et de ses abords - M. Joly, ingénieur ordinaire. mars 1869. Source: collection de plans de phares et balises / Archives départementales du Finistère.

Afin de compléter la signalisation maritime dans le Raz de Sein, simultanément à la construction de Tévennec, un feu est établi à flanc de la falaise du Bec du Raz, sur une tourelle en tôle supportée par un massif de maçonnerie, de telle façon que l'alignement du phare du Bec du Raz et de la tourelle pointe sur l'écueil de la Plate, au Sud-Ouest de Gorlebella. Ce massif de maçonnerie qui supporte la tourelle, c'est celui en photo au début de cet article.

La maçonnerie qui supportait la tourelle du "feu de la falaise du Raz" aujourd'hui. A droite, le phare de la Vieille et la tourelle de la Plate (aussi appelée "Petite Vieille"). Sur l'horizon, l'île de Sein.

Dans sa séance du 5 décembre 1874, la Commission des phares décide de l'avis qui sera donné aux les navigateurs: « Les navigateurs sont prévenus qu'à partir du 15 mars 1875, deux nouveaux feux seront allumés pendant toute le durée des nuits pour éclairer le Raz de Sein. Le premier de ces feux sera installé au sommet d'une tour carrée en maçonnerie récemment construite sur l'îlot de Tévennec. Il sera scintillant à courtes éclipses se succédant de 4 en 4 secondes.[…] Le second feu, dit de la Falaise du Raz, sera installé au sommet d'une tourelle en tôle établie à 200 mètres du phare de la pointe du Raz, sur la ligne dirigée de ce phare vers l'écueil de la Plate. Il sera fixe blanc, mais il n'éclairera que deux secteurs, l'un vers l'ouest, compris entre le S.69°0 et le N.68°0, l'autre compris entre le N.40°0 et le N.10°0 […] Hauteur du foyer au-dessus du sol 8 mètres, au-dessus du niveau des plus hautes mers 63 mètres. […] Les phares du Raz et de l'île de Sein continueront à être allumés comme par le passé et à éclairer dans toute l'étendue de l'horizon. » (7)

La tourelle du "feu de la falaise du Raz". 1883. Sur la droite, on aperçoit la lanterne du phare de la pointe du Raz. Source: Les travaux publics de la France / Phares et balises. http://www.collections.musee-bretagne.fr/

Le feu d'Ar Men est mis en service en août 1881 et on peut donc passer à la construction de celui de la Vieille. Après des études de faisabilité commencées en 1879,  les travaux démarrent en août 1882, et le phare est allumé le 15 septembre 1887 (8).

Le phare de la Vieille. Vue générale de l'ouvrage. Source: collection de plans de phares et balises / Archives départementales du Finistère.

Les feux du phare de la pointe du Raz et de la falaise du Raz sont alors éteints. La tourelle en tôle est démontée et le phare est transformé en sémaphore. Une tourelle construite à partir de 1886 et mise en service en 1896 sur l'écueil de la Plate viendra compléter le dispositif de signalisation (9).

Sur cette carte postale, on distingue le massif de maçonnerie de l'ancienne tourelle.

Détail de la carte postale ci-dessus.

D'autres cartes postales montrent le soubassement de l'ancienne tourelle du "feu de la falaise du Raz".

Aujourd'hui, la petite plate-forme, sécurisée par un garde-corps, porte encore l'empreinte de la tourelle en tôle.

Pour conclure, on peut noter que ce modeste feu de la falaise du Raz est mentionné dans "L'épave du Cynthia", roman publié par Jules Verne et André Laurie en 1885 (10).

 

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