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Courlis Corlieu à Plouhinec.

Publié le par DL

A Plouhinec (Finistère), sur la grève entre les plages de Kersiny et de Saint-Julien, un courlis Corlieu (Numenus phaeopus) cherche sa nourriture. Septembre 2019.

Dans le diaporama qui suit, on le voit fouiller entre les galets à la recherche de crustacés, de mollusques, de vers et d'insectes.

Le courlis Corlieu se distingue essentiellement du courlis cendré par la forme de son bec, mais surtout par la calotte qui orne son crâne. De couleur sombre, elle présente une raie médiane plus claire. De plus, le côté de sa tête montre un trait sombre à la hauteur de l'œil.

On voit nettement sa calotte sombre et la raie claire qui la divise en deux. Sur le côté de sa tête, on distingue aussi la bande sombre à hauteur de son œil.

Publié dans Faune littorale

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Orpin anglais à Beuzec-Cap-Sizun

Publié le par DL

A Beuzec-Cap-Sizun (Finistère), des touffes de plantes minuscules se tapissent dans des creux de rochers en haut des falaises dominant la baie de Douarnenez entre la pointe du Millier et Pors Peron. Avril 2021.

C'est de l'Orpin anglais (Sedum anglicum, et en anglais english stonecrop), plante grasse du genre sedum, qui stocke de l'eau dans ses feuilles.

Cette plante aime les sols plutôt acides, ce qui explique sa présence sur les granits du Cap-Sizun.

Elle produit des fleurs en étoile à 5 branches blanches ou rosées. 

Liens:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sedum_anglicum

http://www.biopix.eu/orpin-anglais-sedum-anglicum_photo-25396.aspx

Publié dans Flore littorale

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La casemate de Karreg Léon

Publié le par DL

A Plouhinec (Finistère), près de la pointe de Karreg Léon, un vestige du Mur de l'Atlantique continue de monter la garde dans l'attente d'une attaque qui n'est jamais venue.

Localisation de la casemate de Karreg Léon, cerclée de rouge sur cette carte topographique de l'Institut géographique nationale. Source: geoportail.gouv.fr

Qu'on la désigne sous le nom de casemate, de bunker ou de blockhaus, il s'agit d'une fortification destinée à s'opposer à un débarquement allié lors de la 2ème guerre mondiale. C'est ce que les allemands appellent un "nid de résistance".

Comme beaucoup d'autres casemates, celle-ci n'est pas dirigée vers le large, mais elle prend en enfilade les plages de Kersiny et de Mesperleuc où l'occupant allemand imagine que pourrait intervenir un coup de force visant à prendre à revers ses installations de Beg ar Grougn qui contrôlent l'entrée du port d'Audierne. Elle est construite à l'automne 1942 (1).

La casemate de Karreg Léon peut prendre sous son feu les plages de Kersiny et de Mesperleuc. Même source que ci-dessus.

Vues depuis le sommet de la casemate, les plages de Kersiny et de Mesperleuc. A l'époque de sa construction, aucune maison, aucune végétation ne gênait la vue.

La casemate de Karreg Léon vue de la plage de Kersiny. 

Cette casemate, comme toutes les installations similaires du Mur de l'Atlantique, est construite par l'Organisation Todt, entreprise de génie civil et militaire du Troisième Reich. Un détachement de cette Organisation Todt (ou OT) est établi au château de Locquéran à Plouhinec au printemps 1942. Sur les chantiers, si l'encadrement est allemand ou belge, la main d'œuvre est française et généralement locale: réquisitionnés, astreints au Service du travail obligatoire (STO) affectés sur place, chômeurs, marins-pêcheurs débarqués, ouvriers intéressés par des salaires importants.

Par souci de rationalisation, les différents types de bunkers sont normalisés de façon à répondre aux besoins des militaires des différentes armes et à s'adapter à leur environnement. 

D'après les plans du modèle reproduits plus loin, cette ouverture dans la face avant de la casemate devait être obturée par une maçonnerie ne laissant passer que la gueule du canon.

Selon Jean-Jacques Doaré, la position de défense de Karreg Léon "comprend une casemate blindée pour canon de 47 mm, un encuvement pour canon de 75 mm et des Tobrouk" (Plouhinec autrefois, Tome I, page 320). Cette description des armements qui auraient équipé cette casemate correspond en fait à deux types distincts de bunkers: le modèle 676 (petite casemate pour (canon de) 47 mm Pak K 36(t)), et le modèle 680 (casemate pour (canon de) 75 mm Pak 40 sans locaux annexes).

Intérieur de la casemate. C'est la chambre de tir où se trouvait le canon.

Compte tenu de son aspect général et surtout de la forme rectangulaire de sa chambre de tir, cette casemate est sans aucun doute du modèle 676 et abritait certainement un canon anti-char de 47 mm. Par ailleurs, lors de sa visite, il n'a été trouvé aucune trace de l'encuvement pour canon de 75 mm mentionné par Jean-Jacques Doaré, ni de plusieurs Tobrouks, mais d'un seul, au sommet de la casemate.

Modèle de casemate 676. Source: https://www.regelbau.dk/ (tous droits réservés)

Les dimensions de ce type de casemate sont: longueur 9,40m / largeur 6,60m / hauteur 4,60m. Sa construction nécessite d'excaver 250m3 et de couler 355m3 de béton, armé par 16 tonnes de fer rond et 2,20 tonnes d'acier profilé (2).

Le tobrouk est un petit bunker circulaire en béton armé, conçu pour accueillir un soldat, en général armé d'une mitrailleuse. C'est un abri ouvert sur l'extérieur dans la partie haute. Cette ouverture permet au soldat d'être en partie protégé et de pouvoir balayer sa zone à défendre d'un simple mouvement circulaire (3). 

Tobrouk au sommet de la casemate de Karreg Léon.

La casemate de Karreg Léon faisait partie du Groupe de défense côtier de Quimper (Küsten Vertedigungs Gruppe, noté KV-Gr Quimper), dont tous les éléments sont identifiés par le code Qu. Cette casemate est codifiée Qu20.  Le Groupe de défense côtier de Quimper comprenait 3 sous-groupes:

- le sous-groupe côtier de Douarnenez allant de la plage de Sainte-Anne-la-Palud (Qu01, en Plonévez-Porzay) à "Audierne Lezarouan" (Qu19, en fait sur Plouhinec);

- le sous-groupe côtier de Plogastel-Saint-Germain allant de la Pointe de Karreg Léon (Qu20) à l'Ile-Tudy (Qu53);

- le sous-groupe côtier de Fouesnant allant de la Pointe de Combrit (Qu54) à  Quimperlé (Qu87).

Baie d'Audierne: localisation d'une partie des casemates des sous-groupes de défense côtiers de Douarnenez (Qu12 à Qu19) et de Plogastel-Saint-Germain (Qu20 à Qu26).

C'est le 894° régiment d'infanterie qui est tout d'abord en charge du sous-groupe côtier de Plogastel-Saint-Germain, et donc de la casemate Qu20 de Karreg Léon. Mais en octobre 1943, ce secteur passe au 800° bataillon nord-caucasien, constitué de 897 anciens soldats de l'Armée rouge ralliés aux allemands par anti-bolchevisme, et commandés par 67 officiers allemands.

Les 1ère, 2ème et 3ème compagnies de ce bataillon (total de 600 hommes) prennent en charge le littoral entre Qu20 Karreg Léon et Qu53 Ile-Tudy Le Treustel. La 1ère compagnie commandée par le lieutenant Kouchakanov a en charge le secteur Qu20 Karreg Léon - Qu25 Penhors.

Les soldats affectés à la casemate de Karreg Léon (une dizaine d'hommes), qu'ils relèvent du 894° régiment d'infanterie ou du 800° bataillon nord-caucasien, logent dans la maison Le Pagne qui a été réquisitionnée, seule habitation dans le secteur de Korn Ero (Jean-Jacques Doaré; Plouhinec autrefois, Tome I, page 320).

Sur cette photographie aérienne du 16 avril 1948, le site de la casemate est cerclé de rouge et la maison Le Pagne est encadrée de rouge. Source: remonterletemps.ign.fr

Les rapports de la population locale avec les soldats allemands restent relativement corrects, mais les soldats caucasiens sèment la peur dans les communes où ils sont affectés par leur brutalité et les exactions qu'ils y commettent. On n'en a pas de témoignages pour Plouhinec, mais Saint-Jean-Trolimon et Pouldreuzic ont eu à subir ceux que la population appelle alors des "sauvages" (4).

Liens:

L'Organisation Todt à Tréguennec

La normalisation des bunkers: Regelbau

La typologie des bunkers

Le modèle de casemate 676 pour canon de 47 mm (site en néerlandais)

Le modèle de casemate 680 pour canon de 75 mm (site en néerlandais)

Le mur de l'Atlantique en Sud Bretagne (magazine 39-45)

Le Groupe de défense côtier de Quimper

Les troupes allemandes dans le Finistère Sud

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Anatifes et bouée de casier

Publié le par DL

Une bouée de casier à homard vient de s'échouer sur la plage de Tréguennec (Finistère). Une colonie d'anatifes (Lepas anatifera) s'y est fixée, apparemment sur le cordage. Août 2019.

L'échouage est tout récent et les anatifes sont encore vivants. Dans la vidéo qui suit, on les voit mouvoir leurs cirres, appendices qui leur permettent de capter le plancton dont ils se nourrissent. Rappelons qu'en dépit de leurs plaques calcaires qui les font ressembler à des mollusques bivalves, les anatifes sont des crustacés.

Publié dans Laisses de mer

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De la tourbe à Treffiagat

Publié le par DL

Entre la plage de Léhan et celle de Squividan en Treffiagat (Finistère), de larges plaques sombres apparaissent où une couche de sable a été emportée par la mer. Mars 2019.

C'est de la tourbe, matière organique fossile formée par accumulation de végétaux morts dans un milieu saturé en eau. Quelques "galettes" semblent s'en être détachées sans doute sous l'effet des vagues.

La tourbe se formant dans l'eau douce, on peut se demander pourquoi on trouve celle-ci dans une zone couverte par la mer à chaque marée.

Sur cette photographie aérienne de l'IGN (Institut Géographique National), la zone où la tourbe est apparue en mars 2019 est marquée d'un trait rouge. Sur la gauche, la marque rouge signale la position du menhir de Léhan en bordure de l'étang. Source: geoportal.gouv.fr

En fait, cette tourbe s'est bien formée à cet endroit quand la mer ne l'atteignait pas. A cette époque, la dune qui surplombe la plage se trouvait plus au large, c'est-à-dire au Sud de sa position actuelle. 

L'accumulation de galets et de sable crée des cordons dunaires qui bloquent l'écoulement des ruisseaux et provoquent la formation de marais et d'étangs dont l'eau finit par s'évacuer par filtration sous la dune. C'est dans de tels marais et étangs que se forme la tourbe.

Dans le Finistère, d'autres tourbières sont occasionnellement visibles sur l'estran: dans l'anse de Kervijen, en Plomodiern (1) ou dans la Baie des Trépassés en Plogoff (2).

La côte du pays bigouden compte de nombreux étangs d'arrière dune, dont les plus étendus sont ceux de Kergalan et de Trunvel. A Treffiagat, il subsiste l'étang de Léhan dont l'existence est due au barrage que la dune oppose à l'écoulement des eaux de ruissellement. La lente formation de tourbe se poursuit donc.

L'étang de Léhan avec son menhir et sa roselière.

Actuellement, ce sont sans doute essentiellement les feuilles mortes de la roselière  s'accumulant au fond de l'étang de Léhan qui forment de la tourbe. 

Il y a quelques millénaires, cet étang se trouvait certainement plus au Sud sans être nécessairement plus étendu qu'aujourd'hui. Le vent, les tempêtes et l'élévation du niveau des océans ont progressivement repoussé les cordons dunaires vers l'intérieur des terres et mis à portée des marées des zones jusqu'alors dans les terres.

Toutefois, les bancs de tourbe apparus en mars 2019 ne se trouvent pas à proximité directe de l'étang de Léhan, mais plus à l'Est. L'explication qui précède s'applique aussi à eux: il y a quelques millénaires, un étang ou un marais se trouvait à cet endroit, à l'arrière d'un cordon dunaire qui se trouvait lui-même plus au Sud. 

D'ailleurs, le secteur qui se trouve aujourd'hui derrière la dune au niveau de ces bancs de tourbe est aujourd'hui considéré comme une zone humide.

Le secteur grisâtre cerclé de rouge est une zone humide où s'accumulent les eaux de ruissellement. En bleu, le réseau hydrographique. Source: geoportail.gouv.fr

Sur des cartes anciennes, ce secteur est figuré comme un étang.

Carte dite de Cassini (1783). Cette carte figure 2 étangs derrière le cordon dunaire. La marque rouge indique la position du menhir. Source: gallica.bnf.fr

Carte dite d'Etat major (1820-1866). Deux étangs de part et d'autre du village de Léhan. Source: geoportail.gouv.fr

Carte extraite du "Pilote français" (1822). Source: geoportail.gouv.fr

Comme pour l'étang de Léhan, celui qui n'est plus maintenant qu'une zone humide se situait plus au Sud voici quelques milliers d'années. 

La roselière qui bordait ses rives a déposé au fond de l'eau ses feuilles mortes qui se sont transformées en tourbe noire. 

Avec le temps, les événements météorologiques et la montée du niveau océanique, le cordon dunaire a été repoussé progressivement vers le Nord, recouvrant tout d'abord la tourbe puis la laissant apparaître. 

Cette tourbe est découverte approximativement au milieu de l'estran (le 27 mars 2019, moins d'une heure après une marée basse de coefficient 55). Il en a aussi été observé par un plongeur à 2,40 mètres au dessous des basses mers de coefficient 118, dans un endroit indéterminé de la côte de Treffiagat (3). C'est dire que cette tourbière devait être très étendue.

Liens:

Les zone humides de Treffiagat

Tourbières et marais, des zones humides remarquables

Treffiagat, une richesse archéologique préhistorique

https://www.ouest-france.fr/bretagne/treffiagat-29730/en-images-fausse-alerte-pollution-sur-le-littoral-bigouden-6314817

Publié dans Géologie

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